(VOVWORLD) - Phù Vân est une commune rattachée à la ville de Phu Ly, laquelle se
trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud de Hanoï. Mais c’est surtout la
plus grande réserve horticole de toute la province de Hà Nam.
L’horticulture a bien évidemment des vertus sur le plan économique, mais
elle en a également sur le plan esthétique - Photo plapluatplus.vn
|
Depuis peu, Phù Vân est une commune néo-rurale. Idéalement située, au
confluent des rivières Day et Nhuê dont elle reçoit les alluvions, elle se
prête merveilleusement bien à l’horticulture. L’un des cinq hameaux qui la
compose, le numéro cinq en l’occurrence, est d’ailleurs entièrement consacré à
l’horticulture. Nombreux sont les marchés aux fleurs des provinces de Hà Nam,
Nam Dinh, Thai Binh et Ninh Binh qui viennent s’y approvisionner.
L’horticulture a bien évidemment des vertus sur le plan économique, mais
elle en a également sur le plan esthétique… De là à prétendre que d’un site
horticole, on peut faire un site éco-touristique, il n’y a qu’un pas que les
autorités de la province sont sur le point de franchir, l’idée retenue étant
d’englober Phù Vân dans des circuits plus vastes qui comptent déjà de
nombreuses étapes : Tam Chuc-Ba Sao, Bat Canh Son, la grotte Luôn, les
pagodes Phat Tich et Bà Danh, pour ne citer que celles-là.
Lê Duc An, secrétaire de la section du Parti communiste vietnamien du hameau 5 de
la commune de Phù Vân - Photo Ngoc Anh/VOV5
|
Lê Duc An, qui se trouve
être le secrétaire de la section du Parti communiste vietnamien du hameau 5 de
la commune de Phù Vân, est le premier à soutenir cette initiative.
« Phù Vân présente un réel potentiel, sur le plan touristique »,
nous fait-il valoir. « De par sa situation géographique, tout d’abord...
Comme on est au confluent de deux rivières, il serait parfaitement possible de
créer une île artificielle et d’y mettre toutes sortes de fleurs… Comme ça, les
touristes pourraient passer des moments agréables en profitant d’un beau
paysage... De toutes façons, il y a déjà un plan d’aménagement qui prévoit
effectivement de faire de Phù Vân un site éco-touristique à l’horizon 2030. »
Bien évidemment, on ne passe pas de l’horticulture au tourisme du jour au
lendemain. Les autorités locales en sont bien conscientes et c’est pour cette
raison que pour l’instant, elles incitent les horticulteurs à opérer une
mutation « en douceur » en leur suggérant de vendre des produits du
terroir, de créer des maisons jardins ou même de se lancer dans de
l’hébergement chez l’habitant, dans du « homestay » pour reprendre
l’expression consacrée. Et apparemment, si l’on s’en tient aux propos
enthousiastes de Nguyên Van Bang, le chef du hameau 5, la formule fait déjà
mouche.
« On accueille beaucoup de touristes, le week-end », nous
indique-t-il. « Ils viennent pour visiter le village et faire des photos. Ici,
il y a plusieurs sortes de fleurs: des chrysanthèmes, des glaïeuls, des lys, des
roses… Mais il y a aussi des pêchers, des kumquats… »
Photo phapluatplus.vn
|
Eh oui ! Des pêchers, des kumquats… Des orangers aussi. Là,
l’horticulture flirte avec l’arboriculture, mais les revenus, eux, flirtent
avec des sommets qui auraient été inatteignables avec l’agriculture
traditionnelle. « En ce qui me concerne, j’ai 7.000m2 d’orangers, de
kumquats et de pêchers », nous raconte Trân Van Quang, du hameau 5. « Si
je m’en tiens aux orangers, seulement, l’an dernier, j’ai fait un chiffre d’affaires
de 800 millions de dôngs !... »
Reste à savoir si à Phù Vân, horticulture et tourisme peuvent faire bon
ménage. Les premiers essais sont pour le moins encourageants et on peut d’ores
et déjà, sans prendre trop de risques, affirmer que cet écotourisme floral est
appelé à devenir une industrie… florissante.